fracas

şi lucrurile minunate încep să se dezvăluie, pe lângă opera lorraine, sunt bombardată de evenimente care mai de care mai interesante; nu degeaba sunt atâţia polonezi şi nu degeaba e un oraş al teatrului. e incredibil de frumos;

azi şi mâine, facem asta şi asta şi asta (pentru francofoni, zic, e însemnarea asta)

şi cu asta basta. fug înapoi în curtea facultăţii.

Journal ex-time

  1. La forêt narrative

Les didascalies sont lues par une voix off (femme/homme). On est sur une scène sans décor, plusieurs acteurs entrent. Chacun écoute de la musique à son mp3. La voix off, c’est-à-dire moi, observe les acteurs marchant vers les coulisses. La scène est vide pour un moment, mais on voit arriver un garçon.

Bastian

Il s’appelle Bastian Balthazar Bux et il est âgé de dix ans. Il vient de sortir d’un livre. Il va nous raconter sur son nouveau boulot. Il commence à expliquer qu’autour de lui, partout, il y a des tasses de café. Elles sont vides. Mais les spectateurs sentent l’odeur de café. Bastian ne peut pas bouger. C’est son boulot, il doit rester immobile. Il écrit, dans ses pensées, un grand dictionnaire de personnages. Il a déjà fait l’index des noms et les couvertures. Mais en quelques secondes, le premier nain va traverser la scène et il va dire…

Dialogue

On pense qu’il s’agit de Blanche Neige et les sept nains. On se trompe. Le premier nain de cette pièce n’est pas du tout petit, il est un acteur comme beaucoup d’autres, environ trente six ans, nonchalant, les yeux verts. Le premier nain va traverser la scène en vélo et il va dire les gens… Il disparait dans les coulisses et Bastian croit entendre « les gens ». Quelques instants après, le premier nain va traverser la scène en pied, le visage tourné contre les spectateurs, et il va dire sont des minutes… Bastian et les spectateurs le regardent quitter la scène. Il disparaît. Ensuite, il revient en sautant d’un pied sur l’autre. Silence. Il s’arrête au milieu de la scène et il dit l’amour. La voix off a déjà abusé du mot « scène ». Tout le monde attend, Bastian pense qu’il va faire le pied de grue mais il pense en même temps à ce que cela veut dire. Le premier nain ajoute, avant de disparaître, arrive toujours à minuit. Silence. Bastian s’est endormi. On ne sent plus l’odeur de café.

Le fauteuil

Alors que Bastian s’est endormi sur la scène, on entend un bruit qui imite le train passer en grande vitesse, ensuite on entend la voix d’une femme qui annonce les départs et les arrivées dans une gare. Bastian rêve qu’il part en voyage. Il rêve des gens et des bagages. Il rêve des magnifiques paysages. Il tourne les pages. Le soleil est brillant. Plusieurs enfants. Plusieurs enfants traversent la scène avec des bagages. Bastian se réveille, mais il est seul. Il marche lentement vers les coulisses et il revient traînant un fauteuil jusqu’au milieu de la scène. Il s’assoit. Il continue son dictionnaire imaginaire. L’angoisse de la page blanche.

  1. Entracte : l’écriture du désastre

Le deuxième nain : Non, cher lecteur. Mon histoire ne commence pas comme ça. Mon histoire commence exactement où toi – tu es absent. Quand tu m’ignores. Mon histoire commence alors que je prends mon stylo entre les doigts, entre les lignes et je n’arrive pas à reconnaître l’objet. Le stylo. Et le sujet non plus. J’ignore ce que je vais te raconter. On dit souvent que les romanciers ont déjà leur roman dans la tête, avant même de l’écrire. Les personnages, l’intrigue, le dénouement – tout ça m’énerve. Je n’ai pas des personnages dans ma tête (comme Bastian), j’ai pas des romans. Et j’ai pas envie d’en construire au fur et à mesure que tu lis. Ecoute. Je sais que je vais échouer. M’en fiche de ton catharsis. Lire des romans exceptionnels qui se terminent… c’est comme si on avait un orgasme court et objectif, sans aucune caresse après, sans aucune cajolerie. Le texte qui vous baise tourne brusquement son dos, vous laisse dans la perplexité et en plus… il commence à ronfler. C’est incroyable ! oh, oui, le bon texte est en mauvais amant.

Vous comprenez donc, elle ne peut pas écrire. Il n’y aura aucune pièce. Mais lisons ensemble son journal…

  1. Journal ex-time

Mercredi, 23 janvier

Aujourd’hui j’ai rencontré Mimi, Béatrice, Mariette, Julie et la femme anonyme. Yvette n’est pas venue. Je leur ai demandé de jouer dans ma pièce. Elle s’appellera La nouvelle Electre. Mais il faut choisir une seule Electre. Je déteste ce jour. J’ai mangé trop. Peux pas écrire.

Jeudi, 23 février

Je n’arrive pas à écrire un seul mot.

Mardi, 5 avril

Sais que je vais échouer. J’ai beaucoup réfléchit sur ces derniers jours. Vont rester les mêmes, quand même. Est-ce que quelqu’un lit mon journal ?

Mardi, 23 mai

Je sens la présence de mon lecteur. Caché. Vu le film aussi. Juliette Binoche est belle.

Plus tard

Qui est là ? Réponds !

Mercredi

J’ai découvert hier soir qui était là et lisait mon journal. Une femme à pieds nus. Coup de foudre, coup de phèdre. Elle commence à prendre racine. La corneille est dans la bruyère mais cherche la fontaine.

Dimanche, 3 juin

J’ai peur. Embrasse-moi. Non. Prendre le stylo entre les doigts et ne pas reconnaître l’objet. Le sujet non plus. Echouer, c’est facile. Rien écrit pendant une année, beaucoup de lecteurs quand même. La pièce est tombée. Le théâtre n’est pas dans le théâtre.

L’été

J’en ai marre de rêver que je plonge dans ta bouche et que je goûte de ta salive. Moi, l’imbécile. Rien ne se passe dans mon histoire. Elle s’écrit toute seule et moi, je suis entrée dans un tableau parce que j’ai senti les couleurs m’envahir, l’huile me baigner et mes yeux ont crevés comme ceux d’Œdipe. Ou est-ce que je serais mieux une Electre ? Ou peut-être…

L’automne

Mes mains n’entendent rien du clair de lune de Beethoven, elles ne se sont jamais promenées sur le clavier d’un piano. Le clavier de la machine à écrire c’est… mieux ? Merde.

Un jour de septembre

Je vais terminer d’écrire pour commencer à rêver une note musicale, c’est pathétique – je sais, mais je vais m’éclabousser des sons comme si la musique se transformait en lait de chèvre ! Que je suis belle en t’écoutant !

Le même jour

Elle m’a dit des métaphores. J’en ai marre des métaphores et les mots me font du mal. J’ai envie de vomir toutes les poésies du monde parce qu’elles dansent en moi comme des araignées qui se balancent dans leurs toiles et qui chantent et se conjuguent comme des verbes en japonais et j’en ai marre. Elles sont menteuses.

Le soir

Le soir me frape violemment contre les murs. Trembler, ça c’est intéressant.

Lundi 1 décembre

Je regarde par la fenêtre. Ça me rappelle une chanson, je regarde par la fenêtre. Je vois les toits des maisons s’incliner à cause de la neige. Les maisons penchent comme une écriture inclinée. Mes paroles coulent vers la droite.

23 décembre 1985

« On ne peint bien que son propre cœur, en l’attribuant à un autre. » Chateaubriand.

L’hiver

« On devient très fin mais on meurt de faim à jouer de la guitare. » Qui à dit ça ?

Nuit d’hiver

J’ai rêvé que j’étais enceinte. C’était vachement bizarre. J’étais enceinte et je me promenais dans un hôpital où il n’y avait personne. J’étais seule et j’avais l’impression qu’il fallait accoucher bien tôt. J’avais peur.

Janvier

Probablement vous vous demandez qui suis-je est qu’est que je cherche dans vos poches. J’en ai rien à foutre. Arrêtez de me lire, de me voir !

Février

Mon autre corps est dans le passé. Il construit des rimes féminines, rimes masculines. Rimailleur. Il se prépare à être lu, le con, mon autre corps. Il prend son journal et il l’ouvre à la dernière page. Blanche. Nue. Mon autre corps veut écrire sur moi-même et dessiner des bras qui me serrent. J’ai toujours eu l’impression qu’il venait de mon passé et qu’il me transformait. Aujourd’hui j’ai pas les mêmes empreintes digitales que j’avais jadis. Point. Point virgule.

Voyage

Le train s’enfouit dans la mer et

ça m’est égal où il va arriver

Les barrissements des rails me font penser à des rhinocéros

Dérailler

ça m’est égal aussi

Je me cache derrière le poème

et je ne veux pas nager

Une femme invisible m’embrasse et je suis heureuse

Je pense qu’elle est ma confiture verte

je vois des cloches immenses

des clowns malheureux des échos musicaux

j’ai une forme indéfinie

dépourvue du contenu

je suis un cauchemar

sans fin

et je me demande à quoi bon

je vois seulement

l’eau d’ambre

Le train est mon alter ego

Mercredi 3 mars

Temps mort

Ou éternel présent?

Je suis la fille aux sandales jaunes

Je suis la réserve de stylo

Mon pronom est possessif et possédant

Mercredi 10 mars

Les femmes se métamorphosent. Elles deviennent des cercles par lesquels des hommes vont passer. Il me paraît déjà que moi-même j’suis un cercle (vicieux) et que mes hommes sont passagers.

23 avril

Intuitive et originale vous êtes une individualiste vous adoptez vis-à-vis de l’amour 2010 vous réserve des sensations sensuelles au bout de vos efforts en mars avril votre partenaire vous donnera du fil à retordre intermède érotique entre août et septembre légèrement narcissique en amour il sera conquérant don Juan vous montrez du sang froid vous dominez vos émotions détestez les bavardages têtue faste et orgueil vous travaillerez vous sentirez des amis de la tendresse vous fondrez en mai pour un homme une femme en juin mélange en amour sa séduction naturelle encouragé par le climat-x vif vous vous sentirez admirée. Seule.

Jeudi 2 mai

Je peux fonctionner s’il y a quelqu’un qui m’utilise. Play me. J’ai aussi un manuel d’instructions.

Vendredi 3 mai

Il m’a dit que j’étais mi-femme-mi-conte. Mi-close. Mi-triste. Mi mi mi…

Samedi 4 mai

Mon autre corps est dans le passé et peint bien. Pour lui, je suis un fantôme. Mais se réveiller ensemble, un jour, un jour bientôt et faire l’amour, ça serait intéressant.

Un jour

Henri Michaux, Clown – « un jour, bientôt peut-être. Un jour j’arracherai l’ancre qui tient mon navire loin des mers. A force d’être nul et ras… et risible… »

Photographie

Blanc d’argent blanc de plomb la technique de la double couleur l’hiver bleu de chine bleu minéral brun de mars brun rouge carmin brûlé indigo jaune d’antimoine jaune de Rome jaune capucine jaune

Lundi 1 juin

Great gig in the sky. ooooAaaaaaaaaaaa aaaa aaaaaaaaaaaaaaaaaa aaaaaa aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa oooooo ooo OOO ooo aaaaaaaaaa A uoouuuooouuoooooooo haaaaaaaaaaaaa aaa a a a a…

doar dacă

doar dacă n-aş mai avea mâinile astea şi doar dacă n-aş mai avea ochii ăştia, doar dacă n-aş mai avea urechi şi gură, doar dacă m-aş transforma în nimic doar atunci aş sta liniştită, fără teama că aş putea scrie imbecilităţi patetice pe-oriunde păşesc. doar dacă nu m-aş întâlni cu nimeni în imaginaţie, doar dacă n-aş mai dansa în vise înconjurată de iele diafane.